Complexité et résilience.

Les systèmes biologiques complexes sont plus résiliants aux changements. C'est le contraire pour les systèmes informatiques.
J'écoutais aujourd'hui Radio-Canada en me rendant à St-Sauveur.

Le sujet traité (par Yannick Villedieu - probablement dans le cadre de son émission hebdomadaire "Les Années Lumières") concernait les océans. L'invité, dont je ne me rappelle le nom, mentionnait les différences majeures qu'il observe entre les récifs qu'il explorait à Canne il y a cinquante ans et ceux d'aujourd'hui. Mais encore plus fascinant était son commentaire relié à la complexité. Il disait que les écosystèmes avaient été appauvris par la présence de l'homme ces cinquante
dernières années. Et qu'ainsi appauvris, les écosystèmes étaient moins résistants aux changements. Il disait textuellement que les systèmes complexes étaient plus résiliants au changement que les systèmes plus simples ou moins diversifiés.

Bingo! Voilà l'explication de la négentropie! Voilà pourquoi les systèmes ont tendance à de plus en plus se complexifier - c'est une conséquence de la sélection naturelle. Plus les systèmes sont complexes, plus ils ont de chances à survivre et résister (s'adapter) au changement. Les systèmes trop simples ne peuvent s'adapter a des changements majeurs de l'environnement et disparaissent.

Ceci revient à dire que le fondement même de l'élaboration de la complexité est le changement lui-même.

Comment une simple sélection naturelle - biologique ou non - peut expliquer l'origine des structures prépondérantes que nous observons dans notre Univers et sur notre planète reste encore à élaborer. Mais le filon est là. Et la réponse peut très bien se retrouver dans les théories de morphogénèse...

Ainsi, la flèche montante de la complexité, l'ascension de la matière inerte vers l'Esprit de de Chardin peut trouver origine dans une approche Darwinnienne universalisée.

Ceci n'explique en rien, pour l'instant, l'émergence de propriétés, mais représente une sérieuse percée, à tout le moins personnelle, dans ma compréhension de l'échelle de la complexité (que j'expliquerai ailleurs), base de l'émergence.

Une des raisons principales expliquant pourquoi je suis passé à côté d'une telle évidence, réside en ma spécialisation en informatique. En informatique, plus un système est complexe, plus il est fragile et non-résilient aux changements. Les
systèmes naturels sont tout autre. Leur complexité est enracinée dans un processus sélectif de tolérance aux changements. En informatique, la complexité construite est plutôt un équilibre instable reposant sur une minimisation des changements. Quand l'environnement change, nous avons plutôt tendance à recommencer à zéro le système plutôt que de faire 'évoluer' la version précédente du système. Mère Nature sélectionne les plus adaptés (complexes) et essais des variations sur ces systèmes complexes pour les 'préparer' à des changements à venir. L'informatique, telle que pratiquée actuellement, ne se
permet pas d'élaborer des variations, faute de budgets. Alors l'évolutionnabilité d'un système repose strictement et uniquement sur le génie et la prévoyance de l'architecte qui construit le système - et souvent en dépit et à l'insu des bailleurs de fond.

La question est alors immédiate: Comment faire ses systèmes informatiques plus 'Èvolutionistes'? MDA serait-elle une solution plus adaptée? Est-ce que la séparation du besoin de son implementation est plus résilient au changement? La
réponse est clairement oui, jusqu'à un certain niveau.