Fondamentalistes Chrétiens

La position des Fondamentalistes Chrétiens me surprendra toujours.
La position des Fondamentalistes Chrétiens me surprendra toujours.

Depuis quelque temps un débat fait rage autour du Intelligent Design (ID). Cette croyance va comme suit: il y a des choses concernant l'évolution que la science ne peut pas expliquer (comme la complexité de l'oeil par exemple, ou le cerveau humain). Puisque la science ne peut l'expliquer, alors, considérant que ces choses existent, la conclusion obligatoire est que ces objects ont été conçus par une intelligence supérieure, donc Dieu existe.

Cette logique infantilisante et, au mieux naïve, au pire intellectuellement malhonnête, nous ramène à l'époque où l'humanité tentait d'expliquer ce qu'elle ne pouvait comprendre par des dieux. Eole, Hermes, Zeus, et tous les autres. On ne savait d'où venait le vent. Alors, un dieu existe qui cré le vent. Pareillement pour la foudre, l'amour, les tremblements de terre, les marées, etc.

À chaque fois que les Religions ont tenté d'envahir le domaine de la nature et des connaissances humaines, elle se sont positionnés sur un terrain ou elle ne pouvaient éventuellement que reculer et céder leur place à la Science.

La tentative des Fondamentalistes Chrétiens va dans ce sens. l'ID n'aura d'autre choix de reculer devant la progression de la science - comme elle l'a toujours fait quant elle s'instaurait en remplisseur de trou dans le spectre des connaissances.

Les religieux auraient dû apprendre que le comment et le pourquoi sont deux questions, et quand le pourquoi tente de prendre la place du comment, la défaite est annoncée.

J'irais même jusqu'à dire que le comment, dans sa progression, fait souvent disparaître le pourquoi. À titre d'exemple, à la question du comment subviennent les tremblements de terre, on en arrive à une réponse areligieuse sur le pourquoi. Le comment fait perdre son sens au pourquoi. Comprendre comment une chose advient, souvent, nous amène à aussi répondre au pourquoi. Il y a peut-être des exceptions, mais, franchement, je n'entrouve pas de valables.

Considérant ceci, quelle est dont la place ultime qu'on doit réserver au phénomène religieux? J'en arrive à la conclusion que ce phénomène n'a pas pour but de combler l'inconnu, ni, après réflexion, de solutionner le problème philosophique de la mort, mais, ultimement, de donner des recettes de bonheur -comment être heureux malgré cette condition humaine pleine de paradoxes, d'incertitudes et d'erreurs. En effet, l'autre matin, comme je descendais l'avenue St-quelquechose, en allant au travail, de mon auto, j'ai vu un Juif hassydique traverser avec empressement la rue devant moi, dans le traffic, pour entrer dans la Synagogue devant laquelle je passais jusqu'alors, inconsciemment. Et je me suis dit, il sait ou il va, son existence à un sens, et ce sens est ce qui rend heureux! Il croit à ce qu'il fait, il fait partie d'une communauté solidaire et vivante. Il y est apprécié. Il y est heureux. Tous les ingrédients pour le bonheur sont inclus dans son cadre de vie: sens, appartenance à un groupe, milieu social, être aimé, et sécurité. Je commence à comprendre un peu plus quandon dit que la foi est une bénédiction.

Malheureusement, je ne suis pas béni. Alors je cherche les mêmes ingrédients, mais sans marcher dans les traces de mes ancêtres - contrairement à mon ami inconnu traverseur de rue. Et je comprend pourquoi les Fondamentalistes qui soutiennent l'ID le font avec tant d'acharnement - c'est leur investissement pour la bourse du bonheur qui est en jeux. Malheureusement pour eux, les jeux sont truqués, et probablement, s'il existe, par Celui même pour qui ils disent lutter! Quelle ironie. La Science aura ultimement raison. Même si elle peut avoir tord en quelques domaines aujourd'hui.