La Conscience.

Qu'est-ce que la conscience? D'où vient-elle? Mes réflexions.
Je lis ces jours-ci sur le sujet de la conscience (et par extension, les émotions et les sentiments). Cependant, plusieurs lectures que j'ai faites de par le passé contribuent à ma pensée ce soir. Le livre courant est Looking for Spinoza, et les autres furent L'Émergence de la conscience de l'animal à l'homme (Denton), Complexity (Waldrop) et Nexus (Buchanan), entre autre.

Tout d'abord, il faut définir ce que j'entend par "conscience". Il est généralement accepté que la conscience est la "faculté qu'a l'homme de connaître sa propre réalité et de la juger", "la faculté d'avoir une connaissance intuitive de soi", "l'acte ou état dans lequel le sujet se connaît en tant que tel et se distingue de l'objet qu'il connaît" (Le Robert), ou, pour citer l'Encyclopaedia Universalis:
"[...] le monde de l’étendue et des objets qui se présente d’abord à la conscience naïve universelle au travers de sa propre transparence, c’est le monde de la pensée qui se dévoile dans le cogito à la conscience réfléchie. Et, par là, on saisit que la «conscience» et la «conscience-de-cette-conscience» (l’idea ideae de Spinoza) apparaissent comme «une même chose» ou, plus exactement, comme l’essence proprement réflexive de l’«être-pour-soi», c’est-à-dire de l’être pour qui il est question de son être (Sartre). L’apparition du phénomène de la conscience à la conscience se fait donc dans la catégorie de la «subjectivité», celle du sujet, du «cogito», bien sûr, mais aussi celle de l’autre, de tous les autres «sujets», auxquels elle nous renvoie et avec lesquels elle nous fait communiquer, en nous faisant dialoguer avec nous-même et avec eux".
La conscience dont je parle fait donc intervenir les concepts de retour sur soi, de soi par rapport aux autres (semblables, vivants ou objets), de vie, de la réalité autant objective que subjective, et de société. Notez l'absence de concepts positivistes (matérialistes, voire réductionnistes).

Le nombre de gènes est insuffisant pour encoder l'énorme complexité du cerveau humain (40 milliards de neurones avec plus de 10 000 connexions par neurones). L'information n'est clairement pas dans le blueprint qu'est le code génétique. Est-ce que la complexité du cerveau (et les fonctions cérébrales évoluées) sont issues des incommensurables possibilités associées aux protéines? Peut-être. Sauf que rien n'indique que le système protéïnique des humains d'aujourd'hui et de ceux vivant il y a quelques millions d'années soient différents - mais le niveau de conscience l'est à coup sûr. Je ne présente pas une argumentation rigoureuse ici, seulement une justification possible d'une intéressante voie d'exploration. Je suis conscient (!) que mon argumentation n'est qu'embryonnaire...

Certains diront que la conscience repose sur le cerveau, sans cerveau, pas de conscience. Le cerveau est le siège de la conscience. J'en convient. Mais je n'égale pas de façon réductionniste conscience et cerveau. Mon poste radio est le siège des émissions que j'écoute... la poésie repose sur la grammaire. Le cerveau est l'instrument dans lequel s'exprime la conscience, mais la conscience est une propriété émergente de celui-ci. Je la qualifierait en fait de propriété graduellement émergente. Puisque je concède aux autres animaux et aux autres êtres vivants des degrés divers de consciente.

Je plus en plus, j'en arrive à croire que la conscience n'est point une affaire de gènes mais plutôt, entre autre, un effet secondaire social. J'entrevois la conscience comme un attribut acquis plutôt qu'inné - Darwinnien sûrement, mais acquis. J'entrevois qu'un être humain, laissé seul, sans contact avec ses compères, aura moins de chances de développer ses facultés de conscience. Plus la population augments, plus les liens se tissent dans ce réseau social, plus la conscience globale grandit et évolue. On se rapproche dangereusement de la Noosphèere de Theillard de Chardin ici!

En fait, certaines choses me frappent soudainement: Généralement
1. plus nous vieillissons, plus nous devenons conscient,
2. plus nous souffrons, plus notre niveau de conscience augmente,
3. l'ampleur des connaissance n'est pas nécessairement lié au niveau de conscience.
4. à mesure que la conscience grandit, on observe d'abord un retour sur soi pour ensuite faire place à une ouverture vers les autres

J'y reviendrai sûrement. C'est un cas de conscience. Happy