Une autre couleur de murs

Partant d'un reportage sur Al Qaïda à RDI... à la couleur des murs de ma cellule - couleur que je nomme 'liberté'.
À RDI ce soir, on pouvait regarder un reportage sur Al Qaïda et ses ramifications au Pakistan, en Arabie et au Yémen.

Il y a un clivage fondamentale entre notre façon de penser occidentale et la façon de penser moyen-orientale - pour ne pas dire Islamique.

À entendre d'un côté la montée de la droite Américaine et la polarisation unilatérale des idées dans les pays arabes, il est clair que de plus en plus nous nous dirigeons vers une autre épopée de croisades et d'infidèles. L'Afghanistan est en ruine et les fonds promis pour la reconstruction n'ont jamais atteint le mortar et le repavage des routes. Nous nous préparons à dévisager l'Irak à coup de bombes téléguidées à la Nintendo tout en faisant fi des "dommages collatéraux" humains et de l'après Irak.

Tout le domaine du moyen orient est un système complexe en équilibre instable où vivent des millions d'êtres humains et nous nous apprêtons à tout déstabiliser et imposer, de force, une démocratie. Suis-je le seul à voir une contradiction entre "imposition" et "démocratie"? On ne peut imposer une démocratie, elle doit émerger des individus, de la population, pas d'une dictature - aussi occidentale soit-elle!

Un autre aspect du clivage entre la pensée occidentale et le moyen-orient se situe sur un niveau encore plus fondamental: la religion. Que nous soyons d'accord ou non avec celle-ci, la religion est une composante fondamentale du psyché humain et de la motivation de ses actions. Dois-je rappeler le fameux cri "Allah est grand" de supposés martyres avant de déclencher leur ceinture de TNT? Dois-je rappeler les prières de ces Chrétiens avant de torturer leurs victimes pour les sauver? La dimension religieuse est une composante fondamentale et critique pour comprendre la situation actuelle.

Beaucoup de gens qui souscrivent à la religion la plus pratiquée actuellement sur cette planète considèrent que nous, occidentaux, sommes dans l'erreur et sommes des impies de leur imposer notre façon de penser et de gouverner. Il faut ajouter que le fait que nous les maintenons dans un état de pauvreté indécent mousse une idéologie plutôt radicale.

La liberté de penser ne s'impose pas. La liberté de croire ne s'impose pas. La liberté tout court ne s'impose pas.

Quand nous auront compris ceci, nous accepterons un peu plus les autres façons de penser. Et peut-être que, d'ici là, aurons-nous réalisé que ce que nous appelons 'liberté', n'est qu'une couleur de murs de cellule quelque peu différente - ni meilleure ni pire - juste différente.

Et quand nous auront compris ceci, peut être notre façon d'être et nos agissements seront tels que nous mériterons le respect des idéologies différentes et que, tous ensemble, tout en pensant très différemment, auront-nous un but commun: le bonheur de l'être humain que nous sommes tous et sa réalisation dans l'harmonie avec ses semblables.

Et surtout, l'harmonie ne se réalise que dans la différences de ses différentes sonorités.