Trop est comme pas assez

J'ai un compte sur flickr. J'y dépose quelques une de mes meilleures photographies... pour rien?
J'ai un compte sur flickr. J'y dépose quelques une de mes meilleures photographies.

Je remarquais avec quelques amis, aussi sur flickr, combien nous recevions peu de visites, de commentaires ou même de visionnements de nos photos. On a alors réalisé combien ce site est devenu gigantesque. Il a dépassé, et de loins, la dimension humaine. Et comme certains d'entre nous montent des photos sur flickr pour avoir des commentaires, des suggestions afin de nous améliorer, l'intérêt en prend pour son rhume!

Le même effet se produit sur MySpace.com. Depuis quelque temps semble-t-il, le nombre de visiteurs baisse. Trop de publicité? Terminaison du tout nouveau tout beau? Après avoir parlé avec quelques usagers de MySpace, un courant semble en ressortir (rien de bien scientifique ici, mais bon...): dans une foule, on ne peut rencontrer personne. Oui on se touche, s'entrechoque, s'entend, et, quelquefois, entre-croise un regard furtif, mais on n'échange pas, on ne se parle pas: les véritable rencontres ne peuvent se faire que dans un environnement et dans un laps de temps à la dimension de l'être humain. Alors quand tout va trop vite (ou trop lent!), ou quand les contacts sont trop nombreux, on ne traverse plus le grouffre de l'altérité et on retourne à cette solitude qui caractérise si bien les grandes villes et ces autres endroits trop fréquentés. Dans le fond, la différence n'est pas bien grande entre une mégalopole et un désert...

Schumacher l'avait vu il y a déjà si longtemps, small is beautiful. Une société doit être à la mesure de l'être humain, sinon, on s'y perd et cette même force qui nous pousse à signaler sa présence et à marcher vers une silhouette la-bas de l'autre côté de la dune dans un désert s'inverse et nous fait craindre l'autre quand il devient trop nombreux. Et c'est précisément ce que vivent certains mega-sites internet - la mesure de l'être humain est perdue quelque part dans la foule et le cortège sans fin des inconnus qui le demeureront, faute de véritable contact.

Alors, vais-je abandonner flickr? Vais-je demeurer chez moi à cause de la foule? Vaut-ce la peine?

Je crois que je ne me retirerai pas, je vais attendre encore un peu. Je vais continuer à errer à travers cette horde et continuer de prendre le risque de croiser un nouveau regard humain... et qui sait, peut-être même aller jusqu'à oser échanger un mot et prendre Contact! Sans compter qu'on apprend quand même énormément juste à regarder les oeuvres des autres.