Mes photos

Mes photographies sont maintenant beaucoup plus abstraites, plus épurées, plus minimalistes. Chaque photo m'est plus importante. Chaque photo m'est plus pensée et plus consciente.

Je fais de la photographie depuis quoi, 30 ans?

Je me souviens de mon premier appareil photo que j'ai eu - un Yashica TL-Electro. Un reflex. Je l'ai acheté de mon frère pour mon tout premier camp d'astronomie, alors que j'avais 11 ans. Au début, je faisais de l'astrophoto que je développais moi-même - j'ai même été publié. J'ai appris à propos des révélateurs, des bains d'arrêt, des fixateurs, du photoFlo... Combien de négatifs ai-je suspendu afin de les faire sécher? J'ai même failli perdre 80% de ma vision en me fabriquant une chambre noire chez moi... j'en ai encore une cicatrice sur la cornée que je vois encore aujourd'hui quand je regardes à travers un oculaire quelconque.

J'ai passé à travers plusieurs phases. Tout photographier. Photographier mes amis, même s'ils exécraient. La photo technique, pour la science, sur lesquelles on prenaient des mesures précises. La photo de mariage et de baptême, avec ses patterns connus et répétitifs. La photo de paysages, probablement celle à travers laquelle je me suis le plus réalisé. Pourquoi? C'est qui je suis au plus profond. J'ai toujours été émerveillé par la nature, de par le fait que mon esprit puisse à la fois regarder les étoiles y voyager par mon imagination tout en sentant directement et intensément la fraîcheur de l'herbe sous mes pieds nus. J'ai grandit entre l'herbe, le fleuve, la montagne et les étoiles, à Baie St-Paul. Pour moi, toutes les merveilles de la natures sont indissociables. Je ne peux concevoir un univers où tout n'est inter-relié. Et pour moi, photographier la nature et les paysages n'était pas photographier des montagnes inertes, sans âme et sans vie, mais photographier qui je suis, mon essence, mon être profond. En moi, j'ai toujours fait partie intégrante de mon environnement. Et la photographie n'en n'était qu'un moyen d'expression.

Il y eu cette phase famille où mes enfants étaient mes principaux sujets. Je crois que c'est par émerveillement encore qu'ils étaient au centre de mes préoccupations. Par émerveillement de l'émergence de l'individualité, de la conscience humaine, de la Vie, de l'existence.

Et maintenant, quelle est ma phase? Ma famille est plus derrière moi que par devant. Même chose pour les montagnes comme me le faisait remarquer François.

Je réalise que mes photographies sont maintenant beaucoup plus abstraites, plus épurées, plus minimalistes. Chaque photo m'est plus importante. Chaque photo m'est plus pensée et plus consciente. Que ce soit le Grand Canyon ou un simple geste, je prends plus de temps intérieur pour capturer l'instant, en post-processing ou en réel.

Je prépares une exposition - les 12 meilleures photos de ma vie (à date - car je prévois vivre pour un bout encore, n'en déplaise! Happy Je publierai ici les coordonnées espace-temps.

Et après? Après cette exposition?

Je suis conscient que mes photos sont dénuées d'êtres humains. Mon défi repose dans les portraits. Je ne sais pas photographier les êtres humains. Je ne me suis jamais permis de photographier librement l'essence d'un autre être humain - par pudeur sûrement. Oui j'ai quelques clichés volés ici et là, mais jamais en toute liberté. Pour moi, un portrait est une représentation de l'essence de qui nous sommes. Plusieurs photographes engagent des modèles - je le ferai éventuellement, mais je devrai m'asseoir avec un certain temps, histoire de le/la connaître, de connaître ses peurs et ses inspirations, ses désirs et des motivations, ses amours et ses douleurs. Mon focus ne se fait pas sur la pupille, mais à l'arrière de celle-ci. Je n'ai pas encore atteint ce stage. Un jour peut-être...

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