L'Humanité lobotomisée

Le pillage du Musée Archéologique de Bagdad aurait pu être évité. Une autre Erreur Humaine.
À répétition et à tour de rôle, l'Unesco, l'ONU et des dizaines d'Universitaires (Américains, dois-je le préciser) ont mis en garde le Pentagone, des mois avant que ne débute la guerre, de préserver les sites archéologiques et historiques d'Irak. Parmi ceux-ci, et surtout, parmi les joyaux de l'Humanité, on retrouve le Musée National d'Irak de Bagdad. La mise en garde servie mentionnait, en tout premier lieu, le musée et sa protection pendant et après la guerre, contre le pillage. Les dirigeants militaires et politiques Américains se sont engagés à protéger ces sites le 24 Janvier.

Voici une photo prise cette semaine.

Voici Mushin Hasan, le directeur du musée de Bagdad, assis sur les artefacts détruits après le pillage du musée.

Lors de la guerre du Golfe, plus de 4000 artefacts archéologiques ont disparus des musées d'Irak. Ces jours-ci, une statuette sumérienne, exposée auparavant ou musée de Massoul, a fait son apparition dans un petit musée de New York. Contrats et contrebande sont en cours. Au vu et au su. J'imagine que chaque guerre implique un butin. Mais ce butin est un vol à l'humanité tout entière.

Seulement 15% du territoire Irakien a été exploré. La région entre le Tigre et l'Euphrate, c'est à dire l'ancienne Mésopotamie, est considérée comme le berceau de l'humanité et a abrité en 6.000 ans les civilisations les plus florissantes: Sumériens, Akkadiens, Babyloniens, Assyriens, Perses ou encore Abbassides. Selon les archéologues, 10.000 sites archéologiques sont répertoriés, mais 500.000 autres, dont 25.000 d'une importance majeure, attendent encore d'être mis au jour et risquent de souffrir ou d'avoir souffert des bombardements.

Nous assistons, impuissant, à une autre lobotomie de l'Humanité. Nous avons fustigé contre les Talibans qui ont détruit les colossaux Bouddhas en Afghanistan. Mais nous avons provoqué des actes semblables, sinon pire.

Comprendrons-nous un jour qu'à l'instar de l'échelle individuelle, en tant qu'espèce, pour savoir où nous allons, il nous faut savoir qui nous sommes. Et pour savoir qui nous sommes, nous devons savoir d'où nous venons. Aujourd'hui, un pan complet de notre mémoire collective a disparu.