Larmes?

Des larmes me sont montées aux yeux aujourd'hui... Douleur? Non! Tristesse? Non! Simple et pure émotion humaine? Voilà! Voici les détails.
Ce soir j'ai pleuré. Bon, oui je l'avoue, même si un homme n'est pas supposé pleurer, je l'ai fait. Et je me fou de ce que la Société peut en penser. Plus je mature, plus les larmes me viennent aux yeux facilement. Plus je m'émeus de choses simples. Et la chose simples qui m'a tiré les larmes fut une simple chanson... de Mike and the Mechanics... Say it loud. (écoutez-là!) Et je pensai à mon père, cet homme qui me précéda directement. Il a quitté cette réalité avant que je ne puisse vraiment échanger avec lui. Et ce ne fut que de 2 ou 3 années. De son vivant ma curiosité fut plutôt dirigée vers les événements de sa vie, vers ce qu'il pensait. Aujourd'hui, je m'intéresserait beaucoup plus de ce qu'il a ressenti dans sa vie, ce qu'il a souffert, de ses plus grandes joies et ses plus grandes épreuves. J'aimerais aujourd'hui connaître l'homme qu'il a été dans sa condition humaine. Mais je n'avais pas la maturité intérieure pour m'intéresser a ces choses à l'époque. Et aujourd'hui, il est trop tard. Larmes.

Mes larmes, je les ai versées aussi pour tous ces autres êtres humains qui sont passée sur cette terre, qui ont partagée cette condition humaine, qui ont vécu et souffert, qui se sont éteints enrichis d'une expérience auquelle je n'aurais jamais accès, riches de leur personne que je ne pourrai jamais sonder et qui passeront inaperçus. Combien d'êtres humains, mes frères, sont disparus, sans que j'ai pu échanger un éclat de rire, une tape sur l'épaule, une poignée de mains en se regardant profondément dans les yeux! Sans que j'ai pu partager la chaleur d'un feu dans le désert, ou une pensée en regardant les étoiles scintiller. Combien de mes semblables - car tel est véritablement le mot - semblable - je ne connaîtrai jamais, faute de destin, faute de temps, faute de cette opportunité qui nous révèle l'un à l'autre. Larmes. Larmes, encore.

Finalement, j'ai aussi pensé à mes propres enfants. Ceux à qui je léguerai qui je suis, à travers mes mots, mes écrits et mes gestes. Et peut-être même, un jour, les réactions chimiques qui agissent en ce moment en moi et qui provoquent tous ces mouvements de l'âme, réussiront à se propager chez un autre être humain, qui s'intéresse un tant soi peu, à cet espace de temps qui aura été mien. Comment mes enfants, se souviendront de moi? Que sauront-ils de mes émotions, de mes aspirations, de mes rêves - ce qui compose et défini tant l'être humain que nous essayons d'être? Comment surviverai-je en leur mémoire?