Mal-à-l'aise de l'âme

Ce que peut révéler cette insatisfaction latente, cette merveilleuse insatisfaction.
Vous êtes-vous déjà questionné sur le pourquoi de votre respiration?

Il m'arrive (je dirais même trop souvent dernièrement) de m'infliger cette viscérale interrogation. Tellement que c'est plutôt devenu une habitude chez moi. Et j'ai développé des réflexes - non pas d'évitement - mais des réflexes d'introspection, de questionnement. Je réalise que souvent ce questionnement prend racine dans une insatisfaction latente, qui tarde à s'exprimer, ou qui s'exprime subtilement, via un léger mal-à-l'aise omniprésent - comme une douleur de l'âme chronique.

Face à cette indisposition, j'ai rencontré quelques personnes clés. parmi celles-ci, Monique (je vous parlerai d'elle de vive-voix) m'a fait comprendre qu'une telle insatisfaction est souvent un signal, un moyen d'éveiller notre conscience à un attribut encore ignoré en soi. Si une telle situation m'indispose, je peux la fuir, mais une situation semblable provoquera le même résultat. Cependant, si je profite de mon insatisfaction pour essayer de me comprendre mieux, pour tenter d'analyser le pourquoi de mon indisposition, alors mes mal-à-l'aise deviennent de formidables tremplins pour non seulement mieux me connaître, mais aussi pour améliorer, face à moi-même, cet être humain empêtré dans la condition humaine que je porte.

Trop souvent, nous oublions ce qu'est Vivre, et nous en souffrons. Comme le bouddhisme l'enseigne (et sans doutes bien d'autres courants religio-phylosophiques), nos souffrances sont tellement créés exclusivement par notre état d'esprit, et un simple changement de ce dernier peut nous libérer de nous-même!

Et, malgré un douloureux apprentissage où nous pensons enfin avoir compris, alors nous oublions de nouveau, et nous souffrons encore, sur une variante de notre état d'esprit encore une fois. C'est cela être humain. C'est cela la condition humaine. C'est apprendre, puis oublier, et réapprendre de nouveau, sous une autre forme. Et malgré l'oublie momentané, conserver cette compassion envers soi et les autres qui fait naître un sourire de tendresse sur nos lèvres silencieuses. Sourire qui rappelle qu'il existe un état plus profond de la conscience, que le bonheur serein et calme existe, quelque part, en soi.

À l'instar de Freud, et peut-être même pour le paraphraser, je dirais que nous sommes tous conscient que nous sommes plus qu'il n'y paraît. Sauf que nous nous illusionnons dans un paraître qui est de loin en deçà de la réalité... il me semble.