Un nouveau condo!

Philosophie sur un condo nouvellement acheté et l'impact que nous avons sur le destin de l'Univers.
Ce soir, c'est mon premier soir dans mon nouveau condo, quelque part entre 6700 et 6800 sur St-Denis à Montréal. Des amis sont venus pour savourer une (3!) bonnes bouteilles de vin et discuter de nos plans respectifs pour refaire le monde ou de la vie en général. Ça me fait drôle d'essayer de réaliser que ce nouvel endroit m'appartient. Il ne s'agit pourtant ni d'un lopin de terre, ni d'une chaumière, ni d'un quelconque édifice - mais seulement d'un étage d'un quelconque bâtiment vertical dans un quelconque pâté de maison d'un quelconque arrondissement de Montréal, au Canada, sur cette petite boule bleue que nous nommons de façon bien nombrilliste "Terre". Et la petite boule bleue tourne autour d'un Soleil qui s'en fou complètement, trop occupé à brûler son hydrogène pour la transformer en Hélium, parmi des milliards d'autres soleils qui s'en fou tout autant et pour les mêmes raisons, dans une Galaxie perdue parmi tant d'autres qui est occupée juste à tourner sur elle-même comme tant d'autres, dans un Univers qui n'en fini pas de s'expansionner en ne pensant qu'à s'expansionner...

Et moi, je suis là, à défaire des boîtes contenant des livres pour la plupart, dépositaires d'un savoir tout autant éphémère que contemporain que futile mais qui est doté d'un certain sens que je lui accorde considérant mes préoccupations de jadis et présentes. Bien relatif tout ça!

Comme je compose ces mots, je regarde des voitures passer devant chez moi sur St-Denis, de mon troisième étage, et je me dis que peut-être toi, qui lis ce mot en ce moment même, tu es passé devant chez moi comme je tapais... Ou peut-être cliquais-tu sur un quelconque lien Internet, ou peut-être t'extasiais-tu auprès de ta dulcinée, ou savourais-tu Voltaire ou Yourcenar.
Il est impressionnant de prendre réellement conscience de notre individualité si solitaire en apparence et sa connexion même infinitésimale aux autres mais dont les conséquences ne sont dignes que de l'effet papillon.
Puisque lorsque tu liras ces lignes, tu réaliseras que j'aurai semé en toi une idée, un thème, une façon de voir ton existence qui est non seulement reliée aux autres consciences autour de toi mais aussi qui réalise son insignifiance devant la ronde quasi-éternelle des planètes, soleils et galaxies dans lesquels nous turbulons (je sais, turbuler n'est pas un verbe, mais il devrait en être un!).

Prends conscience que chaque mot que tu écris ou lis, se fait non seulement simultanément aux activités de milliards d'autres êtres humains, mais en plus, ta pensée ainsi altérée aura un impact sur tes semblables qui à leur tour, suite à un effet domino, changeront l'esprit d'autres pour finalement et ultimement, changer le cours de l'histoire. Chaque idée que nous laissons entrer en soi, chaque parole dont nous nous laissons imprégner, chaque mot qui nous touche contient en lui le potentiel d'un extraordinaire changement au sein des consciences peuplant cette petite boule bleue.

Combien nous sommes à la fois importants et poussières! Nous avons ainsi droit de vie ou d'extinction de notre espèce ou de nos idées, ou de rien du tout. À nous de décider... même si nous ne choisissons pas toujours.

Ainsi, un texte commence par un condo nouvellement acheté et se termine par une prise de conscience globale et locale... Pourquoi pas, j'imagine que tout est prétexte à tout! Happy