Matin Brun

Réflexions à partir de la courte nouvelle de Franck Pavloff: Matin Brun.
Ce soir, je rentrais en auto tout en écoutant Macadam Tribus à Radio-Canada et l'animateur parlait de Matin Brun de Franck Pavloff. Une version lue de cette courte nouvelle - ou devrais-je utiliser le mot fable - était présentée. Cette nouvelle mérite tellement d'être lue - surtout dans le contexte actuel où les libertés d'accès à l'information font face à une monopolisation et à une polarisation unilatérale comme rarement auparavant.

En fait, cette courte nouvelle est beaucoup plus insidieuse. Elle nous ramène au visage nos propres petites lâchetés faces à notre quotidien. Elle nous travaille sur ces petites batailles que nous avons choisi de ne pas livrer, pour une bonne raison - selon nous, ou non, et dont les conséquences peuvent nous dépasser. Un autre effet papillon. Mais de ceux qui résultent de nos choix, de notre nonchalance, de notre désintérêt. Un tel refus de s'impliquer peut résulter en des cataclysmes effrayant. Les 15 millions de morts qui subviendront cette année en Afrique - faute de nourriture que nous vomissons tellement nous en avons. Les 30 000 personnes par jour qui meurent faute d'avoir eu accès à de l'eau potable. Les milliers de morts en Irak, en Afghanistan, en Haïti, faute d'avoir complété ou supporté notre effort humanitaire déjà entamé. et quoi d'autre.

Nos lâchetés quotidiennes, ou, dans un poids moral moindre, nos nonchalances quotidiennes vont, un jour ou l'autre, nous revenir au visage. Et il sera trop tard pour nous poser la question: qu'aurais-je dû faire pour m'éviter ceci.

Pour paraphraser Carl Gustav Jung, les autres, c'est nous, c'est moi.

Que fais-je, aujourd'hui, pour aider les autres?