La nature de la réalité

Nous n'accédons qu'à une partie infîme de la réalité et de la nature des choses. L'illusion est de croire que nous savons ce qu'est le réel.
Dans mon article précédent sur l'émergence, je partais des petites échelles et ascendais vers les plus grandes échelles afin de démontrer ce que sont les propriétés émergentes. Dans ce blogue-ci, je vais dans le sens contraire: Je pars de notre échelle humaine et descend vers les petites échelles afin de démontrer que notre perception de la réalité n'est qu'une illusion.

Prenons n'importe quel objet; une table par exemple. Elle est en bois, elle a quatre pattes, une couleur, un poids. Ces attributs caractérisent en partie ma table mais ne disent rien sur la nature de sa réalité. Alors regardons-là de plus près. On réalise que la table est faite de cellules végétales, elles mêmes faites de molécules organiques organisées, structurées et qui interagissent les unes avec les autres via des interactions electromagnétiques. À leur tour, ces molécules sont des agencements d'atomes liés. Ces atomes sont faits de particules élémentaires en interaction et organisées. Ces particules élémentaires sont à leur tour composées de particules encore plus élémentaires qui interagissent et qui sont organisée. Que sont ces particules élémentaires (quarks, gluons, bosons) sont des tresses d'espace-temps qui sont organisées et qui interagissent, selon certaines théories, ou des densité de probabilité énergétiques selon d'autres théories... mais dans tous les cas, rien qui ne semble vraiment "solide" selon notre conception du monde.

De quoi est donc faite ma table? Quand nous y regardons de près, nous pouvons difficilement même entretenir une dissertation sur ce qu'est toute forme de matière. La table n'est composée de rien de matériel, qu'une hiérarchie organisés de liens, pour arriver, en fin de parcours, à de l'espace, du temps et/ou des probabilités - des concepts que nous pouvons difficilement définir de par notre perception limitée et notre cerveau tout aussi limité à faire des modèles utiles à une échelle où s'exerce notre perception.

L'illusion à première vue est de croire que la table est telle que nous la percevons, que tout ce que nous voyons et connaissons est tel que nous le croyons. Nous n'accédons qu'à une partie infîme de la réalité et de la nature des choses. L'illusion est de croire que nous savons ce qu'est le réel. Tel que nous le percevons, le réel que nous concevons n'est finalement que le modèle que nous faisons dans notre esprit et la façon dont nous croyons interagir avec celui-ci. Notre conception du réel est strictement limitée par ce dont l'évolution nous a utilement doté afin de survivre: et c'est loin d'être l'outil universel pout tout comprendre. Peut-être est-ce que la réalité est à jamais hors de porté de compréhension de notre outil biologique et que nous devrons artificiellement augmenter notre capacité afin de mieux la saisir. Je bloguerai sur la philosophie transhumaniste un de ces quatres!

Je vais terminer avec cette citation:

"J'enseigne que la multiplicité des objets n'a aucune réalité en elle-même mais est seulement une vue de l'esprit et est, par conséquent, de la nature de maya et du rêve. [...] Il est vrai que dans un sens, les objets sont vus et distingués par les sens en tant qu'objets individuels; mais dans un autre sens, en raison de l'absence de marque caractéristique propre, ils ne sont pas vus mais sont seulement imaginés. Dans un sens ils sont préhensibles, mais dans un autre sens, ils ne sont pas préhensibles."
- Bouddha ~500 avant JC (Lankavatâra Sûtra - Chapitre II: Fausses imaginations et connaissance des apparences)

... et cette extraordinaire conférence de Richard Dawkins présentée à TEDTALKS 2005 et dont le titre est: "Queerer Than We Can Suppose: The strangeness of science" (en Anglais, désolé!):

(Si le lien vers Youtube ne fonctionne pas, essayez http://www.ted.com/index.php/talks/view/id/98
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