Un autre matin de mai...

Éons

Éons par millions, à l'endroit, à l'envers.
Combien d'étoiles? De Soleils, d'Univers?
Ici, nous et là, que de passagers du temps!
Poussières intemporelles d'un bref instant.

Et toutes les fois où le miracle de la vie,
Ici et là, surprise! Un miracle surgit.
Oh! éphémère étrange absurdité!
Je suis conscience dans cette ronde insensée.

Cette condition dans un espace infini
Qui compose l'essence même de ma réalité,
Pourtant insignifiante dans cette éternité.
Cet être humain qui pourtant est ma vie!

Qu'est-ce que la souffrance, le bonheur?
Quand je vois l'Espace et le Temps,
Je suis néanmoins pris de cette candeur,
Qui me souffle, qui me crie "C'est important!".

Le plus bel azur n'est absolument rien,
S'il n'est, pour le saisir, la conscience.
Tout cet Univers n'a plus de sens,
Qu'à travers mon regard et aussi le tient.

Et cette vision aussitôt s'estompe,
Trop court est l'instant d'une vie.
Qu'en sera-t-il à la prochaine seconde,
Quand la lumière se sera obscurcie?

Un autre passager du temps…
Poussières intemporelles d'un bref, si bref, instant.