Je ne sais pas trop comment qualifier ce poème. Je l'ai écrit alors que mon univers s'effondrait. Comme écrivait Goldman, j'avais cru si fort qua ça durerait toujours...

Ce poème est plus un cri d'espoir du coeur - ultime moyen d'expression encore envisageable alors.

Quand je relis ce poème plus de 3 années après l'avoir vécu, il me semble plus morne. Il était pourtant si vrai! Un autre exemple que tout passe - même la douleur la plus profonde.


La Fin

Il n'en fallait pas plus, c'est la fin de la route.
Je ressens, je l'ai vu, il n'y a plus de doute.
Pure et lucide tristesse, où s'abreuvent les muses,
Conserver la noblesse, mère de toutes les excuses.


Quand l'amitié remplace, la passion de l'amour,
Mal étreint et n'embrasse, la nuit noire en plein jour.
Et ce feu du dedans, dans la froideur glaciale
Doit mourir lentement, tué par l'âme amicale.


Je voulais j'y ai cru, mon espoir était vrai,
Que le jour fut venu, où tu me revenais.
J'ai rêvé à ton rêve, même oublié les miens,
Prêt à prendre le glaive, pour suivre ton destin.


J'aurais tué même la mort, pour t'aimer sans limites,
J'aurais vaincu le sort, pratiqué tous les rites.
J'aurais défié la foudre, et résisté aux vents,
Compris et résolu, les énigmes du temps.


Mais poussière dans le vent, et coup d'épée dans l'eau,
Rien ne peut plus vraiment, me redonner credo.
Je ne suis plus l'amant, qui jadis en duo,
Avec toi tout le temps, vibrait au-delà des mots.


Je ne suis plus maintenant, en ton coeur en ton âme,
Qu'un ami qui attend, un voisin qui réclame.
Je ne peux vivre ainsi, mon coeur va s'arrêter,
Il ne reste que l'oublie, pour ma vie continuer.


Le temps et la distance, auront raison du mal,
Qui assaille mon essence, jusqu'au fond abyssal.
Il n'en fallait pas plus, c'est la fin de mon doute.
Je le sens, je l'ai vu, il n'y a plus de route.