Quand j'ai vécu cet événement, ma propre existence me fut retournée au visage. Pour la première fois de ma vie, mon impermanence et le sens de ma vie prirent le dessus dans la liste des questions qui brûlent l'esprit et l'âme. Ma vie et celle de MM s'entremêlaient et, avec l'arrêt de sa respiration, quelque chose s'éteignait en moi - ne sachant quoi. Quelques années plus tard, je réalise que ce fut pour donner naissance à une autre réalité. Je la vois en chaque enfant, en chaque itinérant, en chaque soldat, en chaque marcheur. En chaque être humain qui connait la souffrance liée à la condition humaine, que je croise dans ma démarche et que j'aurais aimé connaître. Comme autant de Mozarts.

Ce qu'elle fit naître en moi est une sorte de compassion envers ce qui vit... et meurt.
Merci MM.

J'ai écrit ce poème un matin de printemps, plus de trois années après l'événement. Problablement au moment où, tout en faisant partie pour toujours de ce que je suis, elle a aussi commencé à faire partie de mon passé.


Marie-Michèle

Il ne m'est pas possible d'accepter sans broncher
Qu'au-delà de la vie tout est bien terminé.
Il me faut encore plus, il me faut ajouter
Un espace, un moment, toute une éternité!


Ton départ empressé, petite Marie-Michèle
Ne sera jamais normal, même s'il est naturel.
Si c'est bien terminé quand le coeur s'arrête,
La vie est un non-sens, une farce trop bête.


Est-il vraiment possible, d'accomplir son destin
En seulement quelques mois, en seulement quelques mots.
Fillette tu m'as donné le plus beau des cadeaux
Tu m'as ouvert les yeux, juste en fermant les tiens.


L'Univers est trop grand pour imposer limite,
De tout temps nous humains, même de manière tacite,
Avons eu cet espoir, ce divin non-savoir,
Qu'au-delà de la mort ce n'est pas la nuit noire.


Je le crois, je le veux, qu'il y ait une suite
À mes actes manqués, à toutes mes faillites.
Je veux qu'elle ait un jour la possibilité
De vivre sous le soleil et d'être autant aimée.


Sa présence fut brève et il n'y aura de sens
Que si pour elle-même, il y a renaissance
La justice me réclame en mon coeur en son âme,
Un autre aspect de vie et surtout de sa flamme.


Si jamais c'était vrai, que ne survit notre âme,
Quand même bien je serai et m'éteindrai sans larmes.
Car j'aurai eu l'espoir, pendant toute une vie
Juste un jour la revoir, pour qu'elle soit mon amie.


Je t'aime Marie-Michèle.
Au revoir.
:)
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